Géographie

Les communautés francophones et acadiennes totalisent 1 053 810 francophones de première langue officielle parlée répartis dans neuf provinces et trois territoires. Ces communautés représentent 14 % du nombre total de Canadiennes et de Canadiens ayant le français comme première langue officielle parlée.

Les communautés francophones et acadiennes forment une collectivité éparpillée sur un territoire immense, sans liens apparents entre elles, bien qu'elles puisent largement à un patrimoine commun linguistique et culturel, voire socio-économique. Ces francophones vivent dans un vaste éventail de milieux. Certains milieux sont relativement homogènes : la proportion de francophones est élevée, les institutions françaises sont nombreuses et la vie quotidienne se passe en français. On les retrouve au Nouveau-Brunswick, en Ontario et dans le Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse, ainsi qu'à l'échelle de plusieurs localités situées ailleurs au pays qui constituent aussi des milieux de vie français. Ce monde francophone dit « de souche » est souvent rural, quoique certaines villes comme Saint-Boniface ou Vanier soient des carrefours géographiques et historiques de la francophonie. D'autres francophones vivent dans des contextes qui ne leur offrent pas de véritable ancrage spatial, hormis l'accès à certaines institutions comme des écoles, des centres culturels, des églises, quelques organismes communautaires et, plus rarement, des radios et des journaux. Cette réalité est davantage caractéristique des villes et des métropoles, d'où le statut largement minoritaire de ces milieux. Il convient toutefois de noter que l'influx de francophones venus d'ailleurs au pays ou de l'étranger a favorisé, au cours des dernières années, la création progressive de milieux de vie en français dans des villes comme Edmonton ou Toronto.

La présence des francophones varie selon les régions. Si bon nombre de régions à caractère plus rural maintiennent relativement bien leurs acquis sur le plan linguistique et culturel, elles sont confrontées en revanche à des défis importants au chapitre de l'économie et de la main-d'oeuvre. Dans la plupart des milieux urbains, les francophones sont intégrés au monde économique et maîtrisent plutôt bien leur avancement personnel. Leur défi est tout autre : arriver à maintenir le français dans des milieux où la langue française, fortement minoritaire, s'impose plus difficilement. Le présent profil, qui analyse la vitalité des communautés francophones et acadiennes, le montre.

Cette distinction entre les milieux de vie française est fondamentale pour qui veut mesurer la vitalité de la francophonie canadienne. Elle ne doit cependant pas faire oublier que les liens entre les francophones des diverses régions, par delà la distance et les frontières provinciales et territoriales, sont nombreux et solides. Ces liens jouent un rôle important dans la vie française au pays que facilite aujourd'hui l'accès de plus en plus large aux nouvelles technologies de l'information et des communications.

Depuis quelques décennies, l'attention a été portée sur les communautés francophones et acadiennes des provinces et territoires, prises séparément. Leurs traits distinctifs ont été mis en relief en mettant l'accent sur leur spécificité. Il est maintenant opportun de les présenter comme le système unique qu'elles forment à l'échelle du pays, à travers la parenté et la migration, la circulation de l'information, les échanges culturels, le partage de ressources éducatives, le mouvement coopératif et les ramifications d'un tissu associatif dense et étendu. Legs du passé, les relations qui unissent les Acadiennes, Acadiens et francophones de tout le Canada jouent toujours un rôle central dans la vie quotidienne des communautés en plus de leur offrir les moyens d'enrichir leur avenir.