Vitalité démographique

La langue française

Le nombre de Canadiennes et Canadiens déclarant le français comme langue maternelle s'élève à 6 970 405 en 2006, dont 5 957 865 au Québec et 1 012 530 dans les autres provinces et territoires.

Toutefois, le Canada se diversifie de plus en plus et on compte désormais de nombreux citoyens qui, s'ils ont le wolof, le créole ou le bambara comme langue maternelle, ont le français pour langue d'usage dans la vie de tous les jours. C'est pourquoi on fait référence de plus en plus souvent au nombre de Canadiens qui ont le français comme première langue officielle parlée. En fonction de cette donnée, on compte désormais 7 536 315 francophones à l'échelle du pays, soit 24 % de la population. On en trouve 6 482 505 au Québec et 1 053 800 dans les communautés francophones et acadiennes. C'est donc dire que près de 14 % des francophones habitent à l'extérieur du Québec, où ils forment 3,4 % de la population totale.
 

Population selon la langue maternelle, 2006,
Canada moins le Québec

Population selon la langue maternelle, 2006, Canada moins le Québec
Source : Statistique Canada, recensement 2006

Note : Certaines personnes ont déclaré plus d'une langue maternelle.
Le total des catégories excède donc la population totale.


Français 1 012 530
Anglais 17 591 555
Langues non officielle 5 261 550
Population totale, Canada moins le Québec... 23 805 130

Population selon la première langue officielle parlée, 2006,
Canada moins le Québec

Population selon la première langue officielle parlée, 2006, Canada moins le Québec
Source : Statistique Canada, recensement 2006

Note : Certaines personnes ont à la fois l'anglais et le français comme première langue officielle parlée.
Le total des catégories excède donc la population totale.


Français 1 053 800
Anglais 22 425 020
Ni l'anglais, ni le français 439 655

Répartition provinciale et territoriale

La présence francophone varie énormément d'un bout à l'autre du Canada. L'Ontario est la province qui compte la plus importante population francophone (578 040 personnes), suivie du Nouveau-Brunswick (236 100 personnes). C'est dans ces deux provinces que l'on dénombre plus des trois quarts (77 %) des francophones vivant à l'extérieur du Québec. Avec 70 410 francophones, la Colombie-Britannique arrive au troisième rang, suivie de près par l'Alberta (66 995). Le Manitoba et la Nouvelle-Écosse suivent avec des populations respectives de 44 110 et 32 940 personnes ayant le français comme première langue officielle parlée, tandis que la Saskatchewan compte sur 15 225 francophones. Ce sont l'Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador et les trois territoires qui affichent le plus petit nombre de francophones.
 

Population de langue française, 2006, Provinces et territoires

Province/territoire Langue maternelle Première langue officielle parlée
 
N
%
N
%
Terre-Neuve-et-Labrador
2 225
0,4
2 030
0,4
Île-du-Prince-Édouard
5 875
4,4
5 180
3,9
Nouvelle-Écosse
34 920
3,9
32 940
3,6
Nouveau-Brunswick
237 575
32,8
236 100
32,7
Ontario
532 855
4,4
578 040
4,8
Manitoba
47 110
4,1
44 110
3,9
Saskatchewan
17 575
1,8
15 225
1,6
Alberta
68 435
2,1
66 995
2,1
Colombie-Britannique
63 295
1,5
70 410
1,7
Yukon
1 225
4,0
1 245
4,1
Territoires du Nord-Ouest
1 025
2,5
1 060
2,6
Nunavut
455
1,4
465
1,6
Total - Canada moins le Québec
1 012 530
4,3
1 053 800
4,4

Source : Statistique Canada, recensement 2006

Un poids qui varie selon les régions

À l'échelle des provinces et des territoires, les francophones ne représentent guère plus de 5 % de la population, sauf au Nouveau-Brunswick où ils constituent le tiers de la population. À l'intérieur de plusieurs provinces, toutefois, on trouve des régions où les francophones forment une proportion plus élevée de la population. Dans le Nord et le Nord-Est du Nouveau-Brunswick, où l'on trouve 65 % des francophones de la province, ces derniers sont très fortement majoritaires.

Dans le Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse, ils forment le tiers de la population du comté de Digby et près du quart de celle du comté de Yarmouth. Les francophones du Nord-Est et du Sud-Est de l'Ontario représentent plus de 20 % de la population. Dans le comté de Prince à l'Île-du-Prince-Édouard, où se concentrent plus des deux tiers des insulaires francophones, 8 % des résidants ont le français comme première langue officielle parlée.

Hausse des effectifs...

Le nombre de francophones de langue maternelle a beaucoup augmenté depuis 1951 à l'extérieur du Québec : il est passé de 721 820 à un peu plus d'un million en 2006, alors que la population ayant le français comme première langue officielle parlée a crû de près de 50 000 personnes entre 1991 et 2006. La hausse des effectifs a été particulièrement forte entre 1951 et 1971, la francophonie bénéficiant alors d'un taux de fécondité élevé. Depuis 1991, les nombres se sont stabilisés et continuent à croître, notamment grâce à l'influx de nouveaux arrivants qui ont le français comme langue d'usage.
 

Français langue maternelle et français première langue officielle parlée,
1951-2006, Canada moins le Québec

Français langue maternelle et français première langue officielle parlée, 1951-2006, Canada moins le Québec
Source : Marmen et Corbeil, 2004 et Statistique Canada

* Les données sur la première langue officielle parlée n'existaient pas avant 1991

... mais baisse graduelle des pourcentages

Bien que le nombre de Canadiennes et de Canadiens de langue maternelle française n'ait cessé de s'accroître au cours des 45 dernières années, leur poids relatif a diminué. À l'extérieur du Québec, les francophones représentent 4,4 % de la population alors qu'ils en représentaient 7,3 % en 1951. Cette baisse des pourcentages s'est amorcée dès les années 1950 à la faveur de l'immigration internationale qui a fait gonfler la population de langue non officielle au Canada. Elle est toutefois moins forte depuis 1991.

La croissance des métropoles

Le taux de croissance de la population de langue française varie énormément d'une région à l'autre. Alors que les effectifs ont connu, au cours des cinq dernières années, une augmentation en Ontario, en Alberta, en Colombie-Britannique et au Yukon, on a enregistré durant la même période une légère baisse dans les quatre provinces Maritimes et une baisse plus prononcée en Saskatchewan, tandis que les effectifs sont demeurés relativement stables au Manitoba, aux Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut. Certaines régions ont connu une croissance beaucoup plus forte que les autres à la suite des importants mouvements de population qui vident progressivement les milieux ruraux au profit des zones urbanisées, et grâce à l'influx d'immigrants de langue française.

L'Ontario a de loin connu les plus fortes hausses d'effectifs en dix ans : alors que la population ayant le français comme première langue officielle parlée était de 542 950 en 1996, elle se situe maintenant à 578 040. Près de 60 % de la population franco-ontarienne habite les cinq grandes régions métropolitaines que sont Toronto, Hamilton, le Grand Sudbury, Ottawa et Windsor. À elles deux, les métropoles d'Ottawa et de Toronto comptent près de 15 000 francophones de plus qu'il y a cinq ans, des taux de croissance respectifs de 5,4 % et de 5,9 %. Les Comtés unis de Prescott-Russell, où les francophones représentent près de 68 % de la population, affichent un taux de croissance de 3,6 % de leur population de langue française.

La population francophone des régions métropolitaines de la Colombie-Britannique et de l'Alberta croît également à un rythme significatif. Entre 2001 et 2006, la population ayant le français comme première langue officielle parlée a crû de 15,3 % à Victoria, de 3,9 % à Vancouver, de 17,2 % à Calgary et de 6,8 % à Edmonton. Cela représente près de 7 000 francophones de plus dans ces quatre métropoles.

En ce qui a trait aux provinces Maritimes, la population de langue française est demeurée stable à Halifax (10 730 personnes ayant le français comme première langue officielle parlée, comparativement à 10 545 en 2001), tandis que la population francophone de Moncton est passée de 39 315 à 44 080 personnes.

Une distorsion dans la pyramide des âges

Les communautés francophones et acadiennes comptent une proportion de jeunes relativement faible. On y retrouve seulement 19 % de jeunes de moins de 20 ans. Cette déficience se répercute forcément vers le haut de la pyramide des âges, où les groupes plus âgés occupent une place démesurée : 38 % des francophones ont plus de 50 ans, alors que ce groupe d'âge ne forme que 31,7 % de la population générale. Le renouvellement de la base constitue un défi de taille pour la francophonie à l'extérieur du Québec.

La structure démographique de la population francophone du Canada diffère énormément d'une région à l'autre. Le nombre de jeunes est plus important dans les régions à forte représentation francophone les moins touchées par les transferts linguistiques. Le nombre de personnes âgées de 55 ans et plus augmente dans les régions rurales tandis que les jeunes familles sont nombreuses à quitter ces régions.

Par exemple, 57,3 % des francophones de la Saskatchewan ont plus de 55 ans : un cas certes extrême mais néanmoins révélateur de la difficulté des milieux ruraux à garder leur population.

Les adultes sont quant à eux représentés dans les régions métropolitaines ou fortement urbanisées où se concentrent des milliers de jeunes adultes francophones venus y travailler. Halifax-Dartmouth, Vancouver/Victoria, Calgary/Edmonton en sont les meilleurs exemples. Ils sont plus nombreux hors des régions de souche : le reste du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, etc. Enfin, ils dominent nettement dans les territoires (Yukon, T.N.-O., Nunavut) où ils sont fortement attirés par les perspectives d'emploi.
 

Structure selon l'âge de la population francophone, 2006, Provinces et territoires
Province/territoire
0-9
10-19
20-34
35-49
50-64
65+
Terre-Neuve-et-Labrador
6,4 %
8,4 %
15,5 %
24,6 %
28,0 %
17,2 %
Île-du-Prince-Édouard
5,9 %
8,9 %
13,8 %
24,0 %
26,8 %
20,5 %
Nouvelle-Écosse
5,6 %
8,1 %
15,1 %
25,2 %
25,7 %
20,4 %
Nouveau-Brunswick
8,5 %
11,5 %
17,8 %
24,8 %
23,1 %
14,4 %
Ontario
8,0 %
12,5 %
17,5 %
25,5 %
21,8 %
14,7 %
Manitoba
6,7 %
9,4 %
15,5 %
22,2 %
25,1 %
21,2 %
Saskatchewan
4,2 %
6,5 %
11,0 %
21,0 %
27,1 %
30,2 %
Alberta
5,0 %
8,6 %
20,9 %
28,2 %
23,1 %
14,2 %
Colombie-Britannique
4,9 %
11,0 %
18,3 %
25,6 %
23,9 %
16,3 %
Yukon
9,7 %
8,5 %
17,0 %
33,2 %
23,1 %
8,5 %
Territoires du Nord-Ouest
10,8 %
9,4 %
20,6 %
29,9 %
21,5 %
7,9 %
Nunavut
8,6 %
10,8 %
24,7 %
33,3 %
20,4 %
2,2 %

Total - Canada moins le Québec

7,5 %
11,5 %
17,6 %
25,3 %
22,7 %
15,4 %

Source : Statistique Canada, recensement 2006