Vitalité économique

Des variations significatives selon les régions

Des étudiants de l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse. Dans cette province, la proportion de la main-d’oeuvre acadienne en administration publique, en éducation, en santé et services sociaux s’établit à 36 %. Photo : Université Sainte-Anne
Des étudiants de l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse. Dans cette province, la proportion de la main-d’oeuvre acadienne en administration publique, en éducation, en santé et services sociaux s’établit à 36 %.
Photo : Université Sainte-Anne

L'éducation est la clé de la vitalité des communautés francophones et acadiennes. Or, malgré les progrès réalisés, celles-ci restent nettement sous-scolarisées. À l'échelle nationale, 26,5 % des francophones n'ont pas terminé leurs études secondaires, comparativement à 23,4 % de la population générale à l'extérieur du Québec. Les universitaires comptent, quant à eux, pour 18,6 % de la population de langue française, ce qui est presque identique à la moyenne pour la population générale (18,7 %).

Toutefois, des écarts importants existent entre les régions. La région Évangéline, à l'Île-du-Prince-Édouard, le Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse et la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick, comptent 42 % de francophones qui n'ont pas terminé leurs études secondaires, et ce taux atteint plus de 45 % dans le comté de Kent. La situation n'est guère plus avantageuse dans le Nord-Est ontarien, dans le Manitoba rural et en Saskatchewan. Ces régions abritent une population francophone généralement employée dans des industries qui nécessitent moins de main-d'oeuvre spécialisée.

Par contre, la francophonie métropolitaine est beaucoup plus avantagée sur le plan de la scolarisation. Si le taux d'universitaires francophones n'est que de 11,7 % au Nouveau-Brunswick, ce pourcentage grimpe à 20,4 % à Moncton, un taux comparable à ceux de Montréal (19,9 %) et de Québec (20 %). À Toronto, un taux impressionnant de 37 % des francophones ont effectué des études universitaires, contre 26,7 % pour la population générale. Vancouver suit de près avec un taux de 32,5 % pour les francophones.
 

Province/territoire
Sans diplôme
Secondaire
Métiers
Collège
Université
Terre-Neuve-et-Labrador
27,9 %
19,0 %
11,1 %
21,1 %
20,9 %
Île-du-Prince-Édouard
34,3 %
19,6 %
11,9 %
21,5 %
12,7 %
Nouvelle-Écosse
30,3 %
16,4 %
14,5 %
21,8 %
16,9 %
Nouveau-Brunswick
36,6 %
21,4 %
11,2 %
19,1 %
11,7 %
Ontario
23,9 %
23,5 %
9,7 %
22,2 %
20,7 %
Manitoba
27,8 %
23,8 %
11,8 %
20,6 %
16,1 %
Saskatchewan
29,7 %
21,4 %
13,0 %
18,5 %
17,4 %
Alberta
20,0 %
22,4 %
13,9 %
23,2 %
20,5 %
Colombie-Britannique
18,0 %
21,8 %
12,3 %
22,7 %
25,3 %
Yukon
15,7 %
18,5 %
11,6 %
31,5 %
22,7 %
Territoires du Nord-Ouest
14,7 %
16,4 %
10,7 %
26,6 %
31,6 %
Nunavut
19,5 %
14,6 %
11,0 %
31,7 %
23,2 %

Total - Canada moins le Québec

26,5 %
22,5 %
10,8 %
21,5 %
18,6 %

Source : Statistique Canada, recensement 2006

Une participation au marché du travail qui varie selon les régions

Au total, 594 245 francophones et Acadiens âgés de 15 ans et plus participent au marché du travail, soit 64,9 % de la population francophone en âge de travailler.

Le taux d'activité varie fortement entre les régions. Les provinces de l'Atlantique (à l'exception de l'Île-du-PrinceÉdouard) sont les plus touchées par la faible participation au marché du travail. À l'autre extrémité, le taux atteint 74 % en Alberta et dépasse les 80 % dans les trois territoires. Les francophones sont économiquement plus actifs dans les régions où la base économique est plus diversifiée, donc moins touchée par le sous-emploi, la saisonnalité et le chômage. Ils sont moins nombreux sur le marché du travail dans les régions axées sur l'exploitation des ressources naturelles, affectées par le moratoire sur la pêche et par la rationalisation des mines et des pâtes et papiers.

L'écart entre la participation des francophones et des anglophones au marché du travail n'est que de trois points, une marge qui a rétréci au cours des dernières années. Il est d'ailleurs à noter que le taux d'activité des francophones est légèrement supérieur à celui des anglophones à Terre-Neuve-et-Labrador (61,4 % contre 58,9 %) et dans les trois territoires.
 

Participation des francophones au marché du travail, 2006, Provinces et territoires

Province/territoire  
Terre-Neuve-et-Labrador 61,7 %
Île-du-Prince-Édouard 66,3 %
Nouvelle-Écosse 61,3 %
Nouveau-Brunswick 62,6 %
Ontario 64,9 %
Manitoba 65,2 %
Saskatchewan 60,8 %
Alberta 74,1 %
Colombie-Britannique 64,2 %
Yukon 85,2 %
Territoires du Nord-Ouest 85,3 %
Nunavut 84,1 %
Total - Canada moins le Québec 64,9 %

Source : Statistique Canada, recensement 2006

Structure de l'emploi francophone

La structure de l'emploi est aussi fortement influencée par la géographie. Dans les régions rurales de l'Atlantique, du Nord-Est ontarien et de l'Ouest, les industries productrices de biens (industries primaires, manufacturières et de la construction) prennent une importance particulière chez les francophones. Pour l'ensemble des communautés francophones et acadiennes, ce type d'industrie procure 22,4 % des emplois, alors qu'il atteint 29 % au Nouveau-Brunswick, 27,4 % en Saskatchewan et 28 % en Alberta.

Le secteur public (éducation, santé et administration gouvernementale) est un autre groupe d'activité important pour les francophones. Ceux des régions métropolitaines sont avantagés sur ce plan. Par ailleurs, le secteur public occupe une place prépondérante dans l'emploi francophone des trois territoires : au Nunavut, près de trois francophones sur dix oeuvrent dans l'administration publique.

Les industries dynamiques (transports et communications, finance et assurances, commerce de gros et services aux entreprises) se présentent comme un maillon stratégique du développement. Peu présents dans les régions qui ne disposent pas d'une armature urbaine susceptible d'accueillir les sièges sociaux des grandes entreprises, ces services se concentrent dans les régions métropolitaines, ce qui explique leur présence timide dans plusieurs régions francophones.
 

Main-d'oeuvre selon les secteurs d'activité, 2006, Francophones, Provinces et territoires
Main-d'oeuvre selon les secteurs d'activité, 2006, Francophones, Provinces et territoires
Cliquez sur l'image pour l'agrandir

De fortes proportions d'entrepreneurs

La part de la main-d'oeuvre travaillant à son propre compte détermine dans une certaine mesure le niveau d'entrepreneuriat d'une population. On considère celui-ci comme un indicateur de développement qui reflète la tendance économique selon laquelle les gens comptent davantage sur leurs propres moyens.

La proportion de travailleurs autonomes dans la population francophone s'établit à 10,5 % en 2006, soit un peu moins que chez les anglophones (12 %). Le travail indépendant est surtout répandu dans les provinces de l'Ouest, où il varie de 13 % (Manitoba) à 20 % (Saskatchewan). L'emploi autonome atteint plus de 15 % en Colombie-Britannique et au Yukon, tandis qu'en Ontario, il se situe dans la moyenne nationale.

Les régions francophones des provinces de l'Atlantique comptent une proportion plus modeste d'entrepreneurs, sauf pour la région Évangéline (Île-du-Prince-Édouard) et le comté de Yarmouth (Nouvelle-Écosse) où elle se compare à la moyenne nationale.
 

Le travail autonome chez les francophones, 2006,Provinces et territoires

Province/territoire Pourcentage
Terre-Neuve-et-Labrador 4,9 %
Île-du-Prince-Édouard 8,4 %
Nouvelle-Écosse 8,7 %
Nouveau-Brunswick 7,7 %
Ontario 10,0 %
Manitoba 12,7 %
Saskatchewan 20,0 %
Alberta 14,6 %
Colombie-Britannique 15,5 %
Yukon 15,8 %
Territoires du Nord-Ouest 10,6 %
Nunavut 8,7 %
Total - Canada moins le Québec 10,5 %

Source : Statistique Canada, recensement 2006

Note : Ces pourcentages incluent les propriétaires d'entreprises constituées en sociétés et les propriétaires d'entreprises non constituées en sociétés, ayant le français comme première langue officielle parlée (seul ou avec l'anglais).

De fortes variations régionales

Le revenu moyen des francophones de l'extérieur du Québec est de 38 700 $, une donnée fortement influencée par le revenu d'emploi moyen très élevé des francophones des trois territoires (51 382 $).

Les revenus sont très élevés pour les francophones de Toronto (43 813 $), de Calgary (47 920 $) et d'Ottawa (42 804 $). Les francophones d'Edmonton et de Vancouver affichent également des revenus moyens qui se situent audelà de 36 000 $. Hors de ces régions urbaines, le revenu moyen des francophones diminue : il est particulièrement faible dans les comtés de Kent, de Northumberland et de Gloucester au Nouveau-Brunswick (respectivement 63 %, 56 % et 60 % de la moyenne nationale), dans la région Évangéline de l'Île-du-Prince-Édouard (67 %), dans le comté de Digby en Nouvelle-Écosse et dans certaines régions rurales de la Saskatchewan.
 

Revenu moyen de la population francophone, 2006, Provinces et territoires

Province/territoire Revenu moyen
Terre-Neuve-et-Labrador 36 447,00 $
Île-du-Prince-Édouard 29 152,00 $
Nouvelle-Écosse 32 168,23 $
Nouveau-Brunswick 26 929,25 $
Ontario 38 373,36 $
Manitoba 33 267,23 $
Saskatchewan 36 393,60 $
Alberta 42 529,10 $
Colombie-Britannique 34 993,01 $
Yukon 40 552,00 $
Territoires du Nord-Ouest 55 276,00 $
Nunavut 58 317,00 $
Total - Canada moins le Québec 38 699,81 $


Source : Statistique Canada, recensement 2006

Note : Souvent, le revenu individuel moyen des personnes ayant le français seulement comme première langue officielle parlée diffère de celui des personnes ayant le français et l'anglais comme premières langues officielles parlées. Dans ces cas, la moyenne est calculée en tenant compte du poids relatif de chacun des deux groupes au sein de la population francophone d'une province donnée.